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C’est au début du vingtième siècle qu’on assiste, en France, de manière un peu paradoxale, à une recrudescence des attaques contre Rousseau (alimentées, il est vrai, par les remous de l’affaire Dreyfus) et à une tentative d’analyse plus objective de son œuvre. Gustave Lanson, dans la préface d’un recueil de leçons faites à l’Ecole des Hautes études sociales (Jean-Jacques Rousseau, Paris, Félix Alcan, 1912), écrit ainsi : « Il est absurde de réduire l’étude de Rousseau à sa biographie, et de juger de l’influence de Rousseau par les défaillances de sa vie et les tares de son caractère. » Hippolyte Buffenoir est, à cette époque, l’un des défenseurs les plus acharnés de Jean-Jacques, et s’emploie avec beaucoup d’énergie à diffuser une image positive du philosophe. « Image » est d’ailleurs le mot : Buffenoir est en effet l’auteur d’une imposante étude iconographique sur Rousseau (Les Portraits de Jean-Jacques Rousseau : étude historique et iconographique, Paris, 1913).
La création de notre société, en 1904, a quant à elle permis de véritablement stimuler la recherche rousseauiste : la publication régulière des Annales Jean-Jacques Rousseau et la publication de l’édition des Œuvres complètes dans la Bibliothèque de la Pléiade ont offert aux chercheurs du monde entier les bases scientifiques nécessaires à un travail de qualité. La seconde moitié du vingtième siècle a donné lieu à quelques publications déterminantes : citons bien sûr les ouvrages de Marcel Raymond (La Quête de soi et la rêverie, José Corti, 1962) et de Jean Starobinski (Jean-Jacques Rousseau : la Transparence et l’obstacle, Paris, Plon, 1957, rééd. Gallimard, 1971), mais également ces deux études majeures de la philosophie politique de Rousseau que sont le livre de Robert Derathé (Jean-Jacques Rousseau et la science politique de son temps, Paris, Vrin, 1974) et celui de Victor Goldschmidt (Anthropologie et politique : les principes du système de Rousseau, Paris, Vrin, 1983).
La recherche critique sur Jean-Jacques Rousseau concerne aujourd’hui la planète entière. Une nouvelle revue lui est entièrement consacrée : les Études Jean-Jacques Rousseau, dirigées par Tanguy L’Aminot. De nombreux chercheurs américains, brésiliens et japonais développent de leur côté des savoirs nouveaux. Signalons enfin que deux nouvelles éditions sont en préparation : une édition chronologique des Œuvres complètes de Rousseau aux éditions Classiques Garnier, sous la direction de Jacques Berchtold, François Jacob et Yannick Séïté ; et une édition de la Correspondance complète de Rousseau programmée aux éditions Champion et placée sous la responsabilité de Jean-Daniel Candaux, Frédéric S. Eigeldinger et Raymond Trousson.
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Portrait de Marc Monnier Bibliothèque de Genève, Centre d'iconographie genevoise
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